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Samedi, 29 août 2026

  • Ki Tavo
Vivre avec la Paracha

 Ki Tavo

Moché instruit les Enfants d’Israël d’apporter au Saint Temple, une fois qu’ils se seront installés en Israël, les « Bikourim », prémisses des fruits, pour déclarer ainsi leur gratitude à l’égard de D.ieu.

On lit également les lois des dîmes données aux Lévites et aux pauvres.

Moché rappelle au peuple qu’il est « le Peuple Élu » de D.ieu et que lui a choisi D.ieu.

Après avoir énoncé les bénédictions que D.ieu enverra au peuple quand ils suivront les lois de la Torah, la dernière partie de la Paracha consiste en une « Tokha’ha » (« Réprimande »), le récit de ce qui arriverait si les Juifs en venaient à abandonner les Commandements.

En conclusion, Moché déclare que maintenant seulement, après quarante ans depuis leur naissance en tant que peuple, les Juifs ont atteint le niveau de « un cœur pour savoir, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ».

L'expression de la gratitude

La Paracha Ki Tavo traite de l'obligation incombant à tout Juif d’apporter les premiers fruits de ses récoltes à Jérusalem. Lors de l'arrivée, au sein d'une atmosphère d’extraordinaires célébrations et de liesse, les premiers fruits devaient être présentés aux Cohanim dans le Temple. Celui qui offrait ces fruits - désignés sous le terme de « Bikourim » - était alors tenu de rendre grâce à D.ieu pour l'intégralité des bienfaits qu'Il lui avait accordés.

En effet, l'ensemble de la Mitsva concernant l'apport de ces premiers fruits avait été conçu afin de permettre au Juif d'exprimer sa reconnaissance envers D.ieu pour toute chose. Il s'agissait d'une période caractérisée par la joie et la festivité.

Pour tous

Lorsque la Torah énonce l'obligation d’apporter les premiers fruits à Jérusalem, elle stipule que cette exigence ne prendra effet qu'une fois que l'intégralité des Juifs aura pénétré en Terre d'Israël. Selon l'interprétation rabbinique, citée par Rachi, cela implique qu'aucun individu ne devait apporter ses premiers fruits tant que l'ensemble du Peuple juif n'aurait pas conquis le territoire et ne s’y serait installé.

À première vue, cela semble singulier. Pour quelle raison un Juif, ayant déjà perçu sa part de la terre et produit ses fruits, ne serait-il pas tenu d'exprimer sa gratitude et sa joie envers D.ieu ? La Mitsva des « Bikourim » n'est-elle pas destinée à manifester la reconnaissance envers D.ieu pour l'attribution de la terre et l'exploitation de ses fruits ? Pourquoi un individu devrait-il, par conséquent, attendre que la nation juive ait pris pleine possession du territoire avant d'être en mesure de célébrer sa propre prospérité ?

L'unité juive

La réponse à cette interrogation nous offre une perspective profonde à propos de l'unité du Peuple juif.

Tous les Juifs sont liés les uns aux autres. Tant qu'il subsiste ne serait-ce qu'un seul Juif - quelle que soit son identité - n'ayant pas encore acquis une part de la terre, cela porte préjudice au bien et à la joie de tout autre Juif. Par conséquent, aucun Juif ne saurait expérimenter l'étendue intégrale de sa propre joie si un Juif se trouve ailleurs, encore dans un état de privation.

Certes, il incombe à un Juif de rendre grâce à D.ieu, même pour une bénédiction partielle. Toutefois, la particularité de la Mitsva des « Bikourim » réside dans le fait qu'elle est conçue pour exprimer la gratitude envers D.ieu pour la bonté et la joie les plus complètes. Les « Bikourim » sont ainsi apportés exclusivement à partir des fruits pour lesquels la Terre d'Israël est renommée.

En conséquence, un Juif ne peut exprimer sa gratitude pour sa joie absolue lorsqu'il sait que d'autres Juifs n'ont pas encore obtenu leur part de la terre. La joie et le bonheur d'un Juif ne sont complets que lorsque tous les autres ressentent les mêmes sentiments.

L'obsession pour le Machia’h

Ceci explicite l'obsession que manifestent les Juifs à l'égard de la venue du Machia’h et de la Rédemption ultime de l'exil.

Diverses raisons sous-tendent notre désir pour le Machia’h.

Tout d’abord, cette ère instaurera la paix à l'échelle mondiale.

Ensuite, cela facilitera l'accomplissement de l'intégralité des commandements, dont certains s'avèrent actuellement impraticables en raison de l'absence du Beth Hamikdach.

Enfin, cela inaugurera une ère de conscience divine.

Un quatrième bénéfice peut être avancé. Tant que nous demeurons en exil, fût-il sous sa forme la plus bénigne, caractérisée par la liberté et l'absence de persécutions, notre joie ne saurait être absolue, dans la mesure où il pourrait subsister ne serait-ce qu’un seul Juif ne partageant pas les bénédictions dont jouit l'ensemble de la communauté. Par conséquent, personne ne ressent une joie complète. Ce n'est qu'à l'ère messianique que la joie de chaque individu pourra, et devra, être totale.

Selon les Tehilim : « Alors nos bouches seront remplies de rires ». Actuellement nous pouvons éprouver de la joie, mais celle-ci ne remplit pas nos bouches, car elle n’est pas intégrale. Il ne s'agit donc pas d'une coïncidence si le mot Machia’h, lorsqu'il est réorganisé en hébreu, forme le mot « Yisma’h » - se réjouira - ou « Yissama’h » - causera la joie d'autrui. L'une des caractéristiques du Machia’h réside effectivement dans sa capacité à engendrer une joie sans mélange.

Essayer pour le vivre

En dépit de notre incapacité à éprouver une joie absolue, il est impératif de nous préparer à cette ère de joie complète en étant heureux dans le seul but de faire venir le Machia’h. C'est ce que l’on appelle la « joie dans son état pur ».

Bien que la joie découlant de l'accomplissement du bien soit légitime (et qu'il convienne de continuer à expérimenter cette forme de jubilation), cela s'avère insuffisant. En effet, une telle joie demeure intrinsèquement liée à une autre dimension.

Par conséquent, il nous incombe d'élargir notre répertoire émotionnel en intégrant une joie dédiée spécifiquement à l'avènement du Machia’h, période caractérisée par une allégresse sans entrave.

En d'autres termes, nous devrions être heureux afin de permettre notre propre bonheur ainsi que celui du monde entier !

Ainsi, alors que le Machia’h nous apportera une joie complète, notre tentative d'expérimenter ce sentiment, dès à présent, favorisera l'avènement du Machia’h et de l'ère de la Rédemption !