Temps de déluge ?
Il y eut des périodes de l’histoire des hommes où le monde paraissait être construit autour de notions stables. Certes, ce monde-là était, par bien des côtés, moins facile à vivre, et surtout moins confortable, que le nôtre. Cependant, cette stabilité lui donnait quelque chose de presque rassurant. Il ne changeait guère et ses points de repère évoluaient lentement. Puis, le rythme s’est accéléré et tout ce qui faisait l’environnement traditionnel a été bouleversé. Bien sûr, on s’habitue à tout dit-on, et chacun s’est accoutumé à cette situation nouvelle. On est ainsi entré, qu’on l’ait désiré ou non, dans l’ère du déluge. Déluge de mots, déluge d’événements, déluge de sentiments, déluge du monde : tout cela fait que l’homme se sent comme submergé par une puissance qu’il perçoit comme invincible et qui l’écarte de lui-même et de ses chemins.
Nous venons de recommencer le grand cycle de la Torah et l’histoire du déluge retentit autant dans toutes les synagogues que dans notre esprit. Il nous montre cet homme, Noa’h, seul face à tous, conscient de la présence Divine et du sens des choses face à l’inconscience générale. C’est ainsi qu’il affronte le déluge, littéralement cette fois. Les eaux montent et elles finissent d’effacer ce qui ne mérite pas l’existence. C’est alors qu’apparaît dans toute sa grandeur le verset du Cantique des cantiques : « Les eaux abondantes ne pourraient éteindre l’amour. » Aussi puissant soit le déluge du monde, le lien qui unit le Créateur aux hommes ne peut disparaître. Il peut sembler parfois être mis en cause, devoir résister à des épreuves, mais jamais il n’est détruit. C’est qu’il existe toujours un moyen de vie maintenue, une arche, qui, selon le Baal Chem Tov, est constituée des mots de la prière et de l’étude, comme un refuge contre tous les assauts, y compris les plus violents.
Nous voici donc au temps du déluge, avec toutes les mises en cause qu’il suscite, avec toutes les incertitudes qu’il porte. Mais, à présent, nous connaissons la voie qui nous permettra de le traverser. Nous savons que cela ne durera qu’un temps, par notre action, pour un monde où le bien rayonnera pour l’éternité.
Quand vient l’arc-en-ciel
La Torah enseigne (Gen. 9:13-15) que c’est après le déluge qu’apparut l’arc-en-ciel. D.ieu le créa en signe d’alliance avec les hommes, promettant qu’Il ne détruirait plus le monde par un tel cataclysme. Quel est donc le lien particulier entre l’apparition de l’arc-en-ciel et le fait qu’un nouveau déluge soit exclu ?
Avant le déluge, les nuages étaient si matériels et grossiers que les rayons du soleil ne parvenaient pas à s’y réfléchir. L’arc-en-ciel était donc impossible. Le déluge eut pour effet de raffiner les éléments constitutifs du monde, permettant ainsi à l’arc-en-ciel de surgir.
L’arc-en-ciel étant donc le signe d’un certain raffinement du monde, il l’est également de la Délivrance. C’est ainsi que le Zohar affirme : « Si tu vois un arc-en-ciel aux couleurs lumineuses, attends la venue de Machia’h ». Car, alors le monde aura atteint un nouveau degré de raffinement et sera digne de cette nouvelle époque.
(d’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch – Chabbat Parachat Noa’h 5721)
Noa’h
Dans un monde consumé par la violence et la corruption, D.ieu s’adresse au seul homme juste et lui demande de construire une « Téva » (« arche ») pour se protéger (ainsi que sa famille et des spécimens de chaque espèce animale) du déluge qu’Il va déverser sur la terre.
Après quarante jours et quarante nuits de pluie et cent cinquante jours durant lesquels les sources d'eau continuaient à jaillir... l’accalmie arrive enfin, la « Téva » se pose sur le Mont Ararat. Noa’h procède à l'envoi du corbeau et plus tard, de la colombe. Puis il constate que la terre a complètement séché, (trois cent soixante-cinq jours après le début du déluge) il obéit à l’ordre de D.ieu de sortir de l’arche et de repeupler la terre.
Noa’h construit un autel et offre à D.ieu des sacrifices de gratitude et D.ieu jure de ne plus jamais détruire l’humanité. Il fait naître un arc en ciel comme signe de cette nouvelle alliance.
D.ieu donne également à Noa’h sept lois destinées à l’humanité entière.
Noa’h, devenu vigneron, est intoxiqué par l’alcool. Deux de ses fils, Chem et Yaphèt sont bénis pour l’avoir recouvert dans sa nudité, le troisième, ‘Ham, est puni pour lui avoir manqué de respect.
Les descendants de Noa’h défient le Créateur et construisent une tour, à Babel, pour affirmer leur invincibilité. D.ieu mêle alors tous leurs langages si bien que, faute de se comprendre, ils abandonnent leur projet et s’éparpillent sur la terre, se séparant en soixante-dix nations.
La fin de la Paracha Noa’h énonce la chronologie des dix générations séparant Noa’h d’Avram et le voyage de ce dernier depuis son lieu de naissance, Our Kasdim, vers ‘Haran, sur le chemin de la terre de Canaan.
CORBEAU OU COLOMBE ?
L'envoi du corbeau et de la colombe dans un ordre précis
Lorsque Noa’h souhaita déterminer si les eaux du déluge ayant anéanti le monde s'étaient retirées et s'il était opportun de quitter l'arche, il expédia tout d’abord un corbeau.
Toutefois, le corbeau se contenta « d’aller et venir autour de l'arche jusqu'à ce que la terre soit sèche », sans jamais accomplir sa mission. Noa’h envoya alors une colombe qui, elle, accomplit sa mission.
Étant donné que chaque détail de la Torah est d’une précision absolue et que nous devons tirer un enseignement de chacune de ses nuances, il faut essayer de comprendre les raisons pour lesquelles Noa’h envoya d'abord un corbeau puis une colombe, et pourquoi le corbeau s'avéra incapable de mener à bien sa mission, contrairement à la colombe.
Réservé pour une mission future
Rachi, s'appuyant sur le Midrach, propose une interprétation singulière de l'expression du va-et-vient du corbeau jusqu'à ce que la terre eût séché :
Le corbeau expédié par Noa’h n'aurait pas achevé sa mission à cette période historique précise, mais aurait été destiné à une mission ultérieure durant l'ère du prophète Eliahou (Élie), plus de 1 500 ans plus tard ! À l'époque d'Eliahou, une sécheresse survint en raison de sa déclaration affirmant qu’il n’y aurait pas de pluie (sécheresse causée notamment par la conduite impie du roi Achab). Eliahou se cacha alors, sur l’ordre de D.ieu, et fut nourri par les corbeaux qui lui apportaient sa subsistance.
La signification des termes « jusqu'à ce que la terre eût séché » renverrait donc à la sécheresse future survenant durant les jours d'Eliahou.
Cependant, il s'avère difficile de comprendre la pensée de nos Sages lorsqu'ils avancent que la mission du corbeau ne fut accomplie qu'à l'époque d'Eliahou.
La personnalité du corbeau
La littérature rabbinique caractérise le corbeau comme un oiseau dépourvu de compassion, y compris envers sa propre progéniture. À l'inverse, la colombe constitue le symbole de l'amour et de la compassion.
Lorsque Noa’h expédia l'oiseau afin de déterminer si les eaux s'étaient retirées, son intérêt dépassait la seule dimension matérielle. Noa’h savait que les aspects physiques du déluge constituaient les expressions de la dimension spirituelle de l'événement. En effet, le déluge n'avait pas pour unique dessein de punir les impies, mais, de manière plus importante, de raffiner un monde devenu si corrompu.
À mesure que le temps progressait, Noa’h souhaitait savoir si la nature du monde avait subi une mutation. Pour le vérifier, il envoya le corbeau, oiseau réputé pour son absence de compassion, afin d'observer si le « nouveau monde » engendré par le déluge avait eu l'effet d'altérer la nature et tout particulièrement, celle d'un oiseau cruel.
Noa’h réalisa que ce degré de raffinement n'était pas encore atteint. Néanmoins, cela ne signifiait point que le déluge n'avait eu aucun impact sur le monde. Le déluge purifia la terre, lui conférant ainsi le potentiel de changement. Il adviendrait plus tard un temps où le niveau de raffinement parviendrait même à effectuer un renversement de la nature. Aux jours d'Eliahou, prophète dont l'ascension corporelle vers le Gan Eden est connue, indiquant le degré auquel il avait réussi le raffinement de son propre corps, même le corbeau se transformerait pour lui apporter de la nourriture.
Ce qui précède repose sur le postulat que, contrairement aux apparences de la réalité, le monde change irréversiblement vers le mieux avec le passage du temps.
Ce postulat peut sembler, pour certains, en contradiction avec une déclaration talmudique affirmant que les générations déclinent.
En réalité, il n'existe aucune contradiction. Tandis que le bien que nous accomplissons s'ancre profondément dans la « psyché » du monde, le mal superficiel peut se renforcer afin d’assurer le libre arbitre. Par conséquent, bien que nous puissions observer une augmentation du mal dans le monde, au plus profond des entrailles de la terre, un raffinement s'opère chaque fois qu'une Mitsva est accomplie. Notre potentiel a augmenté de manière exponentielle depuis l'époque du déluge jusqu'à nos jours.
L'Ère Messianique synchronisera enfin notre vertu interne avec la surface. Les dimensions externes et internes du monde deviendront les reflets miroirs de la bonté de l'autre.
Deux types de personnalité
Revenons à la colombe et au corbeau :
La colombe et le corbeau sont représentatifs de deux types de personnalité. La personnalité de type colombe est intrinsèquement bienveillante et compatissante, tandis que la personnalité de type corbeau est naturellement cruelle, insensible et égoïste.
Certains soutiennent qu'il est préférable d'abandonner la personnalité dite « corbeau ». Même un déluge d'eaux purificatrices, c'est-à-dire une éducation employant les eaux pures et rafraîchissantes de la Torah, ne permettrait pas à la personnalité de type corbeau d'accomplir sa mission divine d’être une source de réconfort pour le monde. De nombreux éducateurs prétendent qu'il est inutile de gâcher nos ressources pour la personnalité de type corbeau, dont le caractère serait immuable.
Afin de dissiper cette notion, nos Sages nous enseignent que, bien que le corbeau ait échoué dans sa mission initiale aux jours de Noa’h, cela ne constituait pas une raison de renoncer au corbeau. Le monde n'avait pas encore bénéficié de l'opportunité de changer. Toutefois, Noa’h était convaincu que ce changement surviendrait. De fait, la transformation avait déjà eu lieu, bien qu'elle nous fût imperceptible.
Cette situation peut être comparée à un tremblement de terre qui ne constitue que le résultat final de changements sismiques mineurs et imperceptibles, que seuls les instruments les plus sophistiqués sont en mesure de détecter. Noa’h possédait ce sixième sens, lui permettant de détecter ce changement et de réaliser qu'il s’exprimerait finalement aux jours d'Eliahou.
Ce n'est qu'aux temps d'Eliahou, le prophète investi de la responsabilité d'annoncer la venue du Machia’h, que le monde atteindra l‘aptitude à la transformation du type corbeau en un peuple empreint de bonté et de compassion.
Notre société change
L'enseignement pour notre époque est clair. Étant donné que nous vivons à une période qui semble approcher l'avènement du Machia’h, nous observons un phénomène prodigieux. Malgré la malveillance qui ne cesse de nous frapper, nous pouvons constater des transformations caractérielles profondes chez de nombreux individus. Les « corbeaux » se muent souvent en « colombes », accomplissant ainsi leur mission originelle de messagers d'espérance.
Alors que les dernières réserves de malveillance tendent à émerger et à manifester leur nature délétère, des réservoirs de bonté et de sainteté, par essence plus puissants et jusqu'alors latents, attendent de jaillir.
Ainsi que le Rabbi nous l'a indiqué, il y a plus de trois décennies : « le Machia’h est en chemin. Tout ce qu'il nous incombe de faire est d'accroître la bonté et la bienveillance, ce qui accélérera davantage son avènement ».
Quelles sont les « Sept Lois des Enfants de Noé » ?
Après le déluge, Noé et ses enfants reçurent de D.ieu sept lois à appliquer universellement afin que plus jamais le monde ne connaisse pareille catastrophe.
Lors du don de la Torah sur le mont Sinaï, D.ieu répéta ces lois que les Juifs ont donc l’obligation d’enseigner aux non-Juifs quand ceux-ci manifestent le désir de les connaître. Si un non-Juif apprend les détails de ces lois et les applique, non pas parce qu’il les trouve logiques et bénéfiques mais pour obéir à D.ieu, il est considéré comme un « Juste des Nations ».
1) Croire en D.ieu, placer sa confiance en Lui et ne pas adorer d’idoles.
2) Ne pas blasphémer le Nom de D.ieu, Le respecter et Le louer.
3) Ne pas tuer, respecter la sainteté de la vie humaine.
4) Ne pas commettre d’adultère ou toute autre relation interdite ; respecter la sainteté du mariage.
5) Ne pas voler, respecter les droits et la propriété d’autrui.
6) Ne pas consommer la chair d’un animal vivant : éviter la cruauté envers les animaux.
7) Etablir des cours de justice et respecter leurs décisions.
Par ailleurs, au cours des générations, les nations ont adopté d’autres lois :
- Respecter les parents.
- Donner la charité.
- Offrir des sacrifices dans le Temple de Jérusalem.
- Prier.
Ces lois comportent de multiples détails qu’il convient d’étudier minutieusement et de réviser souvent, en particulier à la fin du Michné Torah du Rambam (Maïmonide).
Si toutes les nations du monde se conformaient strictement à ces lois, le monde se porterait beaucoup mieux. Nombre de non-Juifs s’y sont déjà engagés.
(d’après « The Path of the Righteous Gentile » - Clorfene et Rogalsky)
Dollar, shekel et une poudre mystérieuse…
C’est une histoire qui se déroule sur plusieurs années, qui implique plusieurs générations… Cela faisait près de deux ans que je cherchais un appartement, pour notre famille : les offres adaptées étaient rares et le marché très concurrentiel. Quand nous avions enfin trouvé la perle rare – un appartement à Neuilly-sur-Seine – notre dossier a été refusé, ce qui nous causa une énorme déception, surtout à mon épouse car elle était très attachée à ce quartier.
Entre temps, nous avons passé quelques jours de vacances à Lyon chez ma mère. Celle-ci nous annonça qu’elle avait récupéré un sac rempli de documents qui avait appartenu à mon grand-père décédé depuis près de dix ans. Il y avait là, entre autres, deux billets d’un dollar et un billet d’un shekel, ce dernier était plastifié.
Sachant que mon grand-père, avec sa femme et deux de ses enfants, était allé voir le Rabbi dans les années 80, je m’empressais d’envoyer les photos des dollars à un émissaire Loubavitch que je connais afin de savoir s’il était possible que ces deux dollars aient été donnés par le Rabbi. A ma grande déception, l’émissaire répondit que les dates figurant sur les billets étaient trop récentes et que cela ne collait pas… Déterminé à posséder au moins un souvenir de mon grand-père, je pris le billet d’un shekel plastifié.
Quelques jours plus tard, pour Pourim, je rendis visite aux grands-parents de ma femme. Ces derniers étant âgés, ils ne pouvaient se déplacer pour écouter la Meguila. J’avais alors demandé à deux jeunes Loubavitch de venir leur lire la Meguila. En écoutant le texte sacré, les grands-parents furent très émus et, à la fin de la lecture, le grand-père de ma femme alla chercher dans son bureau un très ancien billet de 10 francs datant de 1978. Il affirma alors que le Rabbi le lui avait donné lors d’un entretien privé depuis « un tiroir spécial de son bureau ». J’étais surpris et fasciné par la situation car je ne savais pas que le grand-père de ma femme était allé voir le Rabbi et encore moins qu’il arrivât que le Rabbi remette un billet dans une autre monnaie que des dollars !
Mais les deux jeunes ‘Habad authentifièrent le billet, daté de 1978 et affirmèrent qu’effectivement, le Rabbi remettait le plus souvent des dollars mais que, très rarement, il avait donné des billets d’une autre monnaie.
Le soir, je rentrais chez moi et constatai que le billet d’un shekel plastifié que j’avais récupéré à Lyon était daté lui aussi de 1978 ! Dès le lendemain, j’entrepris une enquête auprès de ma famille pour savoir quand mon grand-père avait visité le Rabbi afin d’espérer trouver une photo du Rabbi lui donnant le billet d’un shekel. J’obtins la date approximative (pendant les fêtes de Tishri 5749, donc en 1988, où il y était allé avec sa femme et leurs deux enfants, Elie et Judith).
Je me mis à visionner – sans exagérer – près de 60 000 photos pendant plusieurs jours ! J’ai retrouvé mon oncle Elie défilant devant le Rabbi mais pas mon grand-père…
J’avais la tête qui tournait un peu et c’est à ce moment que mon cousin, Kevin Benayoun m’a téléphoné pour m’annoncer qu’il se préparait à voyager justement chez le Rabbi avec un groupe de fidèles de Paris 15ème, avec notre ami Rav Djian.
C’est ainsi que, sans trop réfléchir, je me suis retrouvé moi aussi parmi ce groupe. Encore sous le coup de ces trouvailles, j’ai emporté le billet d’un shekel, bien décidé à percer ce mystère.
Comme vous pouvez l’imaginer, avec le groupe nous avons visité tous les endroits chers au Rabbi : la synagogue du 770 Eastern Parkway à Brooklyn, le Ohel (le cimetière) à Queens où il repose à côté de son beau-père, le Rabbi précédent, la bibliothèque, sa maison personnelle sur Président Street… Au Ohel, j’ai prié avec beaucoup de conviction, surtout pour trouver un appartement qui nous conviendrait.
Le dernier jour, j’ai décidé de me rendre au WLCC, le bureau où sont conservées toutes les photos mais il était fermé. Déçu, je suis retourné au 770 et, devant la synagogue, je me suis adressé « au hasard » à un des ‘Hassidim qui fumait une cigarette. J’ai déploré que le bureau soit fermé, j’ai continué en racontant que je possédais ce billet d’un shekel et que je souhaitais savoir s’il était possible qu’il ait été remis par le Rabbi à mon grand-père.
Ce ‘Hassid dont j’ignore le nom et la fonction me demanda de lui montrer le shekel puis, avec un sourire mystérieux, m’invita à monter dans son bureau. Il me montra le même shekel daté de 1978 et me dit que le Rabbi le lui avait remis en main propre ! Il m’affirma donc qu’il était très possible que ce soit un shekel du Rabbi… Puis, il ouvrit un placard, sortit un tube contenant une poudre et me donna un peu de cette poudre dans un sachet : « Quand tu rentreras à Paris, met ce petit sachet avec ton billet d’un shekel dans un cadre avec la photo du Rabbi ! »
Intrigué, je lui demandai d’où venait cette poudre et il m’expliqua qu’on avait exécuté des travaux dans le bureau du Rabbi ; quand on avait poncé le parquet, on avait veillé à récupérer la poussière sur laquelle le Rabbi avait marché durant des dizaines d’années et qui avait vu les pas et les pleurs de milliers de visiteurs ! Bien entendu, j’ai immédiatement couru acheter un portrait sur Kingston Avenue !
Sous le choc de cette mystérieuse rencontre, je suis rentré à Paris et j’ai repris mes recherches pour un appartement. Figurez-vous que j’ai trouvé le même appartement que celui que j’avais visité des mois auparavant, dans la même résidence (mais à un autre étage, plus intéressant) proposé par la même agence.
Sans trop y croire, j’ai postulé à nouveau et je suis allé le visiter, sans ma femme (pour éviter qu’elle ne soit à nouveau déçue) mais avec mon beau-père. L’agence était représentée par la même dame, très gentille, qui me le fit visiter. Elle s’appelait madame Florence Montefiore : ce nom, qui m’étaient totalement inconnu lors de la première visite, me fit sursauter à présent. Mon beau-père m’affirma, après avoir discuté avec la dame, qu’elle était une descendante de la famille du célèbre philanthrope anglais Sir Moses Montefiore ! Son nom m’avait fait sursauter car, sur le billet d’un shekel que je possédais depuis des mois, il y avait justement la figure de Sir Moses Montefiore ! Et, de plus, on m’a fait remarquer que le Ohel du Rabbi à New York se trouve dans un des plus vastes cimetières juifs du monde, qui porte le nom de Montefiore ! Inutile de vous dire que toutes ces « coïncidences » me firent pâlir au point que mon beau-père s’inquiéta pour ma santé mais je ne lui ai pas raconté tout cela.
Le lendemain, veille de Chabbat, je reformulai le dossier et je l’ai envoyé.
Le lundi, au bureau, je reçus le cadre que j’avais fait expédier par Amazon. Avant de partir, je m’empressai de coller le shekel avec la poudre mystérieuse et, en arrivant chez moi une heure plus tard, j’appris que notre dossier avait été accepté !
Nous avons pu déménager avant Pessa’h ! Et une des premières choses que nous avons faites dans cet appartement, c’est d’accrocher le portrait du Rabbi avec la poudre, le shekel et la figure de Sir Moses Montefiore…
Merci Rabbi !!!
Steven David
Propos recueillis par Feiga Lubecki