Regarder le monde en Iyar
Le calendrier juif n’est décidément pas un simple et utile outil de suivi du temps qui passe. Il est un véritable guide pour la relation de chacun avec D.ieu. En ce début du mois d’Iyar, la période commande que l’on regarde à nouveau son sens et sa puissance. De fait, les lettres qui forment, en hébreu, le mot « Iyar » constituent les initiales des mots d’un verset de l’Exode (15:26) : « Je suis D.ieu Qui te guérit ». L’idée de guérison doit retenir toute notre attention. Certes, en première lecture, il s’agit à l’évidence de guérison matérielle. Nous avons ici la promesse que notre Créateur nous protègera de toutes ces menaces, et cela est déjà considérable. Cependant, en notre époque, dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle soulève des sentiments mélangés, un tel prodige prend un accent plus fort et plus profond.
Car la guérison, pour être authentique et durable, ne peut se limiter à la dimension physique du concept. Elle doit inévitablement inclure cet élément essentiel qui fait que l’homme est la plus noble des créatures divines : le spirituel, qu’on appellera, si l’on veut, le moral. En effet, comment regarder le monde sans cela ? Ce serait comme perdre un angle de vue sans lequel rien ne peut être complet. La guérison prend ainsi un nouveau sens, plus plein et plus complexe. Elle doit donner à vivre avec enthousiasme quelle que soit la situation rencontrée. Dans ce domaine, le contexte actuel nous donne de nombreuses occasions d’en faire l’expérience. Il faut savoir ne jamais perdre espoir au quotidien. Il faut savoir que les jours qui passent sont fondamentalement porteurs de bien et qu’il ne suffit peut-être que de notre effort pour en révéler la vraie nature.
Car la réalité matérielle paraît bien épaisse aujourd’hui, au point de parvenir à masquer pour beaucoup sa dimension Divine. Et cela suscite souvent une forme de découragement insidieux dont l’aboutissement est une perte dramatique de confiance et de volonté d’entreprendre. Aussi, le mois d’Iyar arrive et il vient rappeler cette vérité essentielle : tout peut être guéri et notre créateur nous en donne la force au quotidien. A nous d’en tirer toutes les conséquences au niveau individuel. D’une certaine façon, c’est le sort du monde qui est en jeu.
L’amour du prochain : une atmosphère nouvelle
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lev. 19 : 18) C’est là un commandement qui incombe, depuis toujours, au Peuple juif. Les Pirkeï Avot nous l’enseignent également sous cette forme : « Sois des disciples d’Aharon : aime la paix, poursuis la paix, aime les créatures et approche-les de la Torah ».
Cette idée est particulièrement essentielle en notre temps alors qu’approche la Délivrance qui nous fera sortir de cet exil, conséquence d’une haine fratricide. Il nous appartient aujourd’hui de passer à l’étape suivante, de sentir, dès à présent, l’atmosphère nouvelle d’amour du prochain qui apparaîtra avec la venue de Machia’h. En la vivant maintenant, alors que nous sommes encore en exil, nous hâterons l’avènement du nouveau temps.
(D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch
Chabbat Parachat Matot Massei 5751)
A'hareï
Après la mort de Nadav et Avihou, D.ieu donne un avertissement interdisant l’entrée non autorisée « dans le Saint des Saints ». Une seule personne, le Cohen Gadol (le Grand Prêtre) peut, une seule fois dans l’année, à Yom Kippour, pénétrer dans la pièce la plus intérieure du Sanctuaire pour y offrir à D.ieu le sacrifice des Ketorèt (encens).
Une des autres caractéristiques du service du Jour du Pardon est le tirage au sort exercé sur deux boucs, pour déterminer lequel sera offert à D.ieu et lequel sera envoyé dans le désert, chargé des péchés du Peuple d’Israël.
La Paracha A’hareï avertit également contre le fait de n’apporter des Korbanot (offrandes animales ou alimentaires) nulle part ailleurs que dans le Saint Temple, interdit la consommation du sang et détaille les lois prohibant l’inceste et d’autres relations déviantes.
Kedochim
La Paracha Kedochim commence par le statut : « Vous serez saints car Moi, l’Éternel votre D.ieu, Je suis saint ». S’ensuivent des douzaines de Mitsvot (commandements divins) par l’intermédiaire desquels le Juif se sanctifie et se lie à la Sainteté de D.ieu.
Elles comprennent : l’interdiction de pratiquer l’idolâtrie, la Mitsva de la charité, le principe d’égalité devant la loi, le Chabbat, la moralité, l’honnêteté dans les affaires, l’honneur et la crainte de ses parents et le respect de la valeur sacrée de la vie.
On peut également lire dans Kedochim la célèbre sentence, qualifiée par le grand Sage, Rabbi Akiva, de principe cardinal de la Torah, et dont Hillel disait : « Voilà toute la Torah, tout le reste n’est que commentaire » : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
A’hareï
La Paracha de cette semaine présente un paradoxe quelque peu étonnant. Les versets qui l’ouvrent évoquent Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année, au cours duquel le Peuple juif « ressemble aux anges ». En ce jour, « ils se purifient devant D.ieu ». Et puis, la fin de la Paracha avertit : « ne révèle pas la nudité de ton père, ne révèle pas la nudité de ta mère… N’accomplis aucune de ces abominations ». Il ne s’agit pas exactement de fautes dont il faille admonester les anges ! Pourquoi donc ces deux sujets sont-ils inclus dans la même Paracha ?
La réponse à cette question se trouve en allusion dans le nom même de cette lecture de la Torah : A’hareï, qui signifie « après », et dans son premier verset : « Et D.ieu parla à Moché après la mort des deux fils d’Aharon quand ils se sont approchés de D.ieu et qu’ils moururent ».
Yom Kippour est un jour où chaque Juif « se rapproche de D.ieu ». Néanmoins, cette expérience ne doit pas se suffire à elle-même. Il faut, en outre, se concentrer sur ce qui arrive après. La manière dont nous nous sommes rapprochés de D.ieu doit influer sur les jours et les semaines qui suivent.
Les plus profondes aspirations de notre âme et les moments spirituels les plus élevés de notre expérience religieuse doivent être rattachés aux réalités de notre existence matérielle. La spiritualité n’est pas une dimension ajoutée, séparée de notre expérience quotidienne mais un moyen par lequel nous élevons notre quotidien. En faisant la fusion entre notre réalité matérielle et notre réalité spirituelle, nous raffinons le monde, l’imprégnons de sainteté et le transformons en résidence pour la Présence Divine.
C’est la raison pour laquelle nous lisons les passages concernant les relations interdites dans la Paracha qui décrit le service du sacrifice de Yom Kippour et, de fait, nous lisons les interdictions concernant ces relations durant le service des prières de Yom Kippour.
Nous vivons tous des moments où notre cœur se tourne vers le haut et où nous nous sentons plus en unisson avec notre âme et D.ieu, comme cela se produit par exemple à Yom Kippour, un jour où nous nous mettons à l’écart de toutes les préoccupations matérielles. Mais même alors, il faut que nos yeux soient tournés vers le bas. La force spirituelle de ces moments spéciaux doit être utilisée pour recharger notre service divin quotidien et nous motiver à agir selon les désirs de D.ieu même dans le contexte de situations où nous pourrions être tentés de suivre un autre chemin.
Kedochim
Ne vous est-il jamais arrivé d’être en train de perdre le contrôle mais au dernier moment, réussir à vous ressaisir ? Les combats intérieurs de cet ordre sont fréquents et ce, sur tous les fronts.
La Paracha Kedochim commence par l’idée que nous devons être saints. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Rachi explique que le terme « saint » implique le contrôle de soi. Il existe de nombreuses tentations dans la vie. Etre saint signifie avoir la force de contrôler ses impulsions immédiates. Un autre commentateur, Na’hmanide, est d’avis que ce contrôle sur soi peut parfois conduire la personne au-delà de la simple lettre de la loi. La loi juive autorise à consommer de la nourriture cachère mais doit-on pour autant en consommer comme des gloutons ? Selon cette vue, même si la nourriture est aussi cachère que possible, se retenir c’est être fort ; cela montre que l’on est réellement libre en tant qu’individu plutôt qu’esclave de son appétit.
La majorité de la Paracha est consacrée à donner des lignes de conduites sur cette sorte de maîtrise de soi, dans de nombreux domaines de la vie. La plus importante en est le fameux enseignement : « aime ton prochain comme toi-même ». Rabbi Akiva disait que c’est là le grand principe de la Torah. Il concerne tous les autres aspects de la pensée juive. La Paracha nous enjoint également de ne pas nous venger ni de garder rancune. Cela nécessite bien sûr le contrôle de soi : dans nos actions, nos paroles et même nos pensées. Mais une personne capable d’une telle maîtrise existe-t-elle ? Imaginons une personne très puissante qui a acquis une véritable maîtrise de soi. Qu’est-ce que la puissance ? Pendant longtemps les gens ont pensé qu’il s’agissait de la domination des autres. Maintenant nous réalisons qu’il s’agit de la maîtrise de soi.
La vie quotidienne nous fournit de nombreux exemples des batailles individuelles décrites dans notre Paracha : dans les relations avec nos parents, dans le monde des affaires, dans les questions concernant le don de charité, dans les relations entre hommes et femmes etc. Il s’agit donc du défi de la puissance de retenue qui construit un monde de bonté pour le futur quand le monde entier sera rempli de sainteté.
Aimer son prochain comme soi-même ? Cela semble nous demander l’impossible. Nous ne nous soucions d’autrui que dans la mesure où nous percevons en lui un dénominateur commun avec nous. Et ce dénominateur n’affecte qu’une partie limitée de notre personnalité. Il ne nous pénétrera jamais entièrement car chacun d’entre nous possède un amour propre profond et nous ne pouvons nous identifier avec personne aussi fortement que nous le faisons avec nous-mêmes. Si bien qu’aussi longtemps que nous gardons notre amour-propre, il n’existe aucune possibilité pour aimer quiconque autant que nous-mêmes.
Toutefois, il est possible de redéfinir le sens de notre ego. Au lieu de nous concentrer sur notre « moi » personnel, nous pouvons illuminer l’étincelle divine que nous possédons, notre véritable et pur moi. Et quand l’étincelle divine de la personne brille de tous ses feux, elle est capable d’apprécier qu’une étincelle similaire brille également chez chacun. Elle peut alors aimer l’autre autant qu’elle-même parce que tous deux partagent une identité fondamentale commune.
Comment arriver à ce niveau d’amour ? En regardant au-delà de ses préoccupations égoïstes et matérielles et en se concentrant sur le cœur spirituel qui existe en soi et en chaque personne. Aimer véritablement autrui signifie ne pas regarder ce qu’il peut faire pour moi ou pourquoi il m’attire, mais contempler le potentiel divin qu’il possède.
Pour reprendre le fameux mot d’Hillel, l’un des plus grands sages du Talmud, n’est-ce pas là « toute la Torah » ?
Ne vous est-il jamais arrivé d’être en train de perdre le contrôle mais au dernier moment, réussir à vous ressaisir ? Les combats intérieurs de cet ordre sont fréquents et ce, sur tous les fronts.
La Paracha Kedochim commence par l’idée que nous devons être saints. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Rachi explique que le terme « saint » implique le contrôle de soi. Il existe de nombreuses tentations dans la vie. Etre saint signifie avoir la force de contrôler ses impulsions immédiates. Un autre commentateur, Na’hmanide, est d’avis que ce contrôle sur soi peut parfois conduire la personne au-delà de la simple lettre de la loi. La loi juive autorise à consommer de la nourriture cachère mais doit-on pour autant en consommer comme des gloutons ? Selon cette vue, même si la nourriture est aussi cachère que possible, se retenir c’est être fort ; cela montre que l’on est réellement libre en tant qu’individu plutôt qu’esclave de son appétit.
La majorité de la Paracha est consacrée à donner des lignes de conduites sur cette sorte de maîtrise de soi, dans de nombreux domaines de la vie. La plus importante en est le fameux enseignement : « aime ton prochain comme toi-même ». Rabbi Akiva disait que c’est là le grand principe de la Torah. Il concerne tous les autres aspects de la pensée juive. La Paracha nous enjoint également de ne pas nous venger ni de garder rancune. Cela nécessite bien sûr le contrôle de soi : dans nos actions, nos paroles et même nos pensées. Mais une personne capable d’une telle maîtrise existe-t-elle ? Imaginons une personne très puissante qui a acquis une véritable maîtrise de soi. Qu’est-ce que la puissance ? Pendant longtemps les gens ont pensé qu’il s’agissait de la domination des autres. Maintenant nous réalisons qu’il s’agit de la maîtrise de soi.
La vie quotidienne nous fournit de nombreux exemples des batailles individuelles décrites dans notre Paracha : dans les relations avec nos parents, dans le monde des affaires, dans les questions concernant le don de charité, dans les relations entre hommes et femmes etc. Il s’agit donc du défi de la puissance de retenue qui construit un monde de bonté pour le futur quand le monde entier sera rempli de sainteté.
Aimer son prochain comme soi-même ? Cela semble nous demander l’impossible. Nous ne nous soucions d’autrui que dans la mesure où nous percevons en lui un dénominateur commun avec nous. Et ce dénominateur n’affecte qu’une partie limitée de notre personnalité. Il ne nous pénétrera jamais entièrement car chacun d’entre nous possède un amour propre profond et nous ne pouvons nous identifier avec personne aussi fortement que nous le faisons avec nous-mêmes. Si bien qu’aussi longtemps que nous gardons notre amour-propre, il n’existe aucune possibilité pour aimer quiconque autant que nous-mêmes.
Toutefois, il est possible de redéfinir le sens de notre ego. Au lieu de nous concentrer sur notre « moi » personnel, nous pouvons illuminer l’étincelle divine que nous possédons, notre véritable et pur moi. Et quand l’étincelle divine de la personne brille de tous ses feux, elle est capable d’apprécier qu’une étincelle similaire brille également chez chacun. Elle peut alors aimer l’autre autant qu’elle-même parce que tous deux partagent une identité fondamentale commune.
Comment arriver à ce niveau d’amour ? En regardant au-delà de ses préoccupations égoïstes et matérielles et en se concentrant sur le cœur spirituel qui existe en soi et en chaque personne. Aimer véritablement autrui signifie ne pas regarder ce qu’il peut faire pour moi ou pourquoi il m’attire, mais contempler le potentiel divin qu’il possède.
Pour reprendre le fameux mot d’Hillel, l’un des plus grands sages du Talmud, n’est-ce pas là « toute la Torah » ?
Pourquoi lit-on un chapitre de Pirkeï Avot, les « Maximes de nos Pères », chaque samedi après-midi, entre Pessa’h et Chavouot ?
Entre Pessa’h et Chavouot, nous nous préparons à revivre le don de la Torah au mont Sinaï. Pirkeï Avot est un traité talmudique qui contient des recommandations éthiques et morales. En lisant un chapitre par Chabbat, nous pouvons raffiner notre personnalité et notre comportement, de façon à mériter de recevoir la Torah.
Dans de nombreuses communautés, on continue la lecture de ces six chapitres tout au long de l’été jusqu’au Chabbat qui précède Roch Hachana. En effet, durant l’été, certains ont tendance à se montrer moins stricts dans leur observance des Mitsvot : il convient donc de se renforcer spirituellement pour éviter tout relâchement.
Vous vous appelez comment ?
Dans les années 50 et 60, le quartier de Crown Heights abritait toutes sortes de communautés ‘hassidiques ; vous pouviez prier le matin dans un oratoire de Karline, l’après-midi avec les ‘Hassidim de Vijnitz et le soir dans la synagogue Belz. Ma famille était fièrement affiliée aux ‘Hassidim de Belz mais comme le mouvement Loubavitch prenait de plus en plus d’ampleur, mon père était impressionné par la sincérité et l’enthousiasme des nouveaux venus, américains assimilés qui étudiaient avec ardeur les discours du Rabbi et participaient sérieusement aux réunions ‘hassidiques. Même quand notre famille déménagea dans le quartier de Boro Park, mon père marchait plusieurs heures le Chabbat pour assister aux Farbrenguens du Rabbi. Il n’est donc pas étonnant que je fus inscrit dans une Yechiva Loubavitch et qu’après mon mariage, j’ai cherché – avec mon épouse – à répandre le judaïsme là où ce serait nécessaire, même très loin, même sans communauté établie. En attendant, Rav Cholom Morde’haï Rubashkin me proposa de venir travailler dans l’abattoir qui venait d’être créé au milieu de nulle part, à Postville (Iowa). J’acceptai, étant persuadé, comme mon épouse d’ailleurs, que ce ne serait qu’une étape dans notre parcours.
Postville est située dans l’immense prairie américaine, à trois heures de l’aéroport le plus proche, ce qui permet, avant d’y accéder, d’admirer au préalable des champs de maïs à perte de vue, des troupeaux de vaches placides et une campagne où grouillent des millions d’insectes dans un cadre végétal enchanteur. La vie à Postville est calme, la principale attraction est l’abattoir. D’autres familles juives s’étaient comme nous installées près de notre lieu de travail et la vie juive se développait avec des institutions scolaires et religieuses. Petit à petit, je me rendis compte qu’il y avait aussi ici de quoi s’occuper, comme le Rabbi avait une fois conseillé à Rav Moché Feller : « Pour être un Chalia’h (émissaire) il faut être flexible et veiller aux besoins de la communauté au fur et à mesure qu’ils surgissent ». Je pris ce message à cœur, organisai des cours de Torah, transformai un bâtiment vide en centre communautaire avec une belle librairie et un petit magasin avec des produits cachères. Bien entendu, il nous arrivait aussi de rendre visite à des familles juives isolées, disséminées dans cet immense état américain et nous leur apportions des Matsot pour Pessa’h, des bougies et beignets pour ‘Hanouccah etc.
Un jour, une belle voiture immatriculée au Missouri s’arrêta devant notre petit magasin. Un homme en sortit et acheta de la viande, des poulets, des gâteaux… Je lui proposai de mettre les Téfilines :
- Oh, merci mais je possède mes propres Téfilines et je les mets chaque matin.
Avant de partir, il me remit plusieurs billets de cent dollars en me disant : « pour financer vos activités religieuses ».
- Merci beaucoup ! Comment vous appelez-vous ?
- Je préfère rester anonyme ! répondit-il avec un sourire énigmatique.
Et il reprit la route.
L’anonyme du Missouri revenait de temps en temps, s’approvisionnait en produits cachères, me laissait un don substantiel mais préférait toujours garder l’anonymat.
Un jour, il revint et demanda à me parler en privé.
- Monsieur le rabbin, vous avez changé ma vie !
- Moi ? Mais je ne connais même pas votre nom ! Comment est-ce possible ?
- Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé la dernière fois ?
- Euh… Je crois que je suis venu vers vous dans votre voiture pour vous demander votre prénom hébraïque…
- Exact. J’ai hésité mais vous m’avez assuré que si je vous donnais juste mon prénom – par exemple Yaakov ben Sarah – je resterais anonyme mais ainsi, vous pourriez demander au Rabbi une bénédiction pour moi parmi vos autres donateurs. Puis vous avez remarqué la passagère à mes côtés et vous lui avez demandé son prénom hébraïque à elle aussi mais je vous ai répondu qu’elle n’était pas juive et nous sommes partis.
- Oui, je m’en souviens maintenant et j’ai effectivement demandé une bénédiction pour vous dans une lettre que j’ai envoyée au Ohel.
- Sachez que je connais un grand succès dans ma profession médicale. Je suis fier de mon judaïsme et le pratique autant que je le peux. Mais quand j’ai rencontré Mary… je pensai que ce n’était pas trop grave et notre relation s’est intensifiée. Pourtant plusieurs incidents se sont produits. Mary a subi un grave accident de voiture et d’autres gros soucis, financiers surtout. Moi-même, j’avais investi de grosses sommes dans la Bourse et, subitement, toutes mes actions ont chuté de façon inexpliquée et surtout vertigineuse. J’avais écouté suffisamment de cours du regretté Rav Josh Gordon pour établir immédiatement le lien entre tous ces événements : la relation qui s’établissait entre Mary et moi n’était bénéfique ni pour elle ni pour moi et nous avons décidé d’un commun accord de rompre ce lien. Les jours suivants, la Bourse se ressaisit et j’ai regagné tout ce que j’avais perdu. Mary se remet elle aussi. Je suis persuadé que tout ceci est le résultat des bénédictions que vous avez demandées en ma faveur auprès du Ohel du Rabbi.
Je ne vous verrai sans doute plus car j’ai décidé de m’installer en Floride, j’y serai plus proche d’une communauté juive bien organisée. Je considère maintenant ma judaïté plus sérieusement et je veux étudier davantage. Merci d’avoir changé le cours de ma vie !
Rav Aron Schimmel – Postville (Iowa) – Illuminations 211 - COLlive
Traduit par Feiga Lubecki

