Guimel Tamouz

Guimel Tamouz

Le 3 Tamouz,
Hiloula du Rabbi de Loubavitch
dimanche 13 juin 2021

De degré en degré, pour la Vie

La fuite des heures fait qu’on pourrait ne pas le percevoir avec toute la hauteur voulue, emportés par le torrent impitoyable du quotidien. Alors, il faut savoir le regarder, ce jour du 3 Tamouz, le dimanche qui a ouvert la semaine que nous vivons à présent. Il faut savoir le regarder, encore à présent, autant avec les yeux qui balaient le calendrier qu’avec ceux de l’esprit. Il faut toujours savoir y réfléchir car ce jour, loin des commémorations, est d’abord celui de l’élévation pour chacun.

Il n’est sans doute pas utile de le dire encore : le 3 Tamouz est le jour où le Rabbi quitta matériellement ce monde. Il est ce jour aussi où il s’élève spirituellement de degré en degré. Mais il faut se garder de commettre une erreur : il n’est pas question ici de départ au sens de séparation ni d’élévation au sens d’éloignement. En sa forte formule, le Zohar l’enseigne avec une clarté absolue : « Le Juste qui s’en va se trouve dans tous les mondes plus que de son vivant » - car, enseigne Rabbi Chnéour Zalman de Liady, l’auteur du Tanya, « il est libéré de ses limites physiques. » Cela n’est pas qu’une manière positive de regarder l’événement. Cet enseignement entreprend de décrire une réalité objective : « le berger n’abandonne jamais son troupeau. » C’est dire que l’élévation incarnée par le 3 Tamouz est aussi la nôtre parce que nous accompagnons celle du Rabbi et qu’ainsi, nous la vivons avec lui.

Pourtant, chacun se connaissant, nous savons que notre niveau spirituel n’est pas d’une envergure suffisante. Comment prétendre connaître cette élévation qui dépasse tout ce que nous saurions formuler ? Là est justement la place de la liberté et de l’effort. Nous sommes capables, par ce jour, d’aller au-delà de nous-mêmes. Nous sommes capables d’un dépassement, possible parce que le jour du 3 Tamouz est pénétré de cette puissance spirituelle particulière, parce que le Rabbi ouvre le chemin à celui qui désire s’y engager. Parlant de Jacob que les textes qualifient de vivant après son décès, les Sages commentent : «Comme sa descendance est vivante, lui aussi est vivant.» N’est-ce pas aussi une manière de nous dire qu’il nous faut être vraiment « vivants », au plein sens du terme ? Etre vivant, c’est avancer dans la voie ouverte par le Rabbi, d’étude et de diffusion de la Torah, de pratique et de partage des Mitsvot. Etre vivant c’est s’attacher ainsi à l’Arbre de Vie, jusqu’à ce que la venue de Machia’h donne Vie à la vie.