Dans la Paracha de cette semaine, l’élève de cinq ans qui étudie le ‘Houmach tout comme l’érudit mûr de quarante ans restent perplexes devant une question récurrente.

Le texte nous dit : « J’endurcirai le cœur de Pharaon et Je multiplierai Mes signes et Mes prodiges dans le pays d’Égypte » (Chemot 7 :3).

Rachi commente : « Après qu’il a agi méchamment et qu’il est manifeste pour Moi que les nations païennes ne trouvent aucune satisfaction spirituelle à s’engager de tout cœur pour revenir vers Moi dans le repentir, il est préférable que son cœur s’endurcisse pour que Mes signes se multiplient contre lui de sorte que vous reconnaissiez Ma puissance Divine. Telle est, en réalité la méthode du Saint Béni Soit-Il : Il apporte la punition aux nations pour qu’Israël puisse l’entendre et Le craindre, comme il est dit (Tsefania 3 :6-7) « J’ai détruit les nations, leurs coins sont désolés etc… J’ai dit : Si seulement vous Me craigniez, vous prendriez une leçon. » Néanmoins, dans le cas des cinq premières plaies il n’est pas dit : « l’Éternel a endurci le cœur de Pharaon » mais « le cœur de Pharaon s’est endurci ».

La difficulté ici est évidente. Si le but des plaies est que « Vous reconnaissiez Ma puissance Divine » pourquoi donc était-il nécessaire que chaque plaie dure si longtemps ?

Comme l’explique Rachi : « Chaque plaie était active pendant le quart d’un mois et pendant les trois quarts, il était averti et mis en demeure » (Ibid. :25).

Impressionner les Juifs en punissant les nations païennes ne nécessite pas une plaie qui dure une semaine entière ! Un jour ou deux, peut-être trois, seraient amplement suffisants ! En outre, pourquoi une durée de trois semaines entre chaque plaie ?

La longueur de l’avertissement pose également problème. Pourquoi était-il nécessaire d’avertir les Égyptiens pendant trois semaines ?

Ce qui nous rend encore plus perplexes est le fait que pendant que le temps s’étirait en longueur, les Juifs subissaient toujours l’esclavage égyptien !

Certes, le travail harassant cessa à Roch Hachana de cette année-là, six mois entiers avant l’Exode, mais ils n’en restaient pas moins en exil ! Ils étaient toujours emprisonnés dans une condition selon laquelle : « Aucun esclave n’avait jamais pu s’échapper d’Égypte parce que la terre était hermétiquement fermée de tous les côtés » (Rachi, 18 :9).

Pourquoi donc furent-ils obligés de passer encore un autre hiver en Égypte ?

Puisque Rachi ne pose pas directement cette question, nous devons en conclure que la raison est évidente et claire pour l’enfant de cinq ans qui étudie le ‘Houmach, soit selon sa logique soit grâce à une interprétation précédente de Rachi. Comment expliquer ce problème ?

En fait, quand Rachi nous explique que la raison de l’endurcissement du cœur de Pharaon était de donner une leçon au Peuple juif, il ne met pas en question une raison plus essentielle relative au but des plaies et aux intervalles qui les séparent.

L’enfant de cinq ans comprend que chaque plaie eut un certain effet dans l’attitude du Pharaon. Il est vrai que même après plusieurs plaies, il persévérait dans son refus de libérer les Juifs, mais une certaine évolution se percevait après chaque plaie.

Dans le cas de la transformation des eaux en sang, Rachi avait indiqué : « Les Égyptiens adoraient le Nil, c’est pourquoi D.ieu frappa d’abord leur dieu » (7 :17).

(Cela les avait profondément choqués et ils avaient perdu la foi en leur idole.) Plus tard, durant la plaie de la vermine, la Torah indique que : « Les magiciens tentèrent de produire de la vermine avec leurs arts secrets mais ils n’y parvinrent pas… ‘C’est le doigt de D.ieu’ dirent les magiciens à Pharaon » (Chemot 8 :14-15). Une fois encore, nous observons une évolution de la part des magiciens et des prêtres du Pharaon.

Dans les plaies suivantes, ce changement d’état d’esprit graduel se poursuit et cela progresse jusqu’au moment où Moché annonce la plaie des sauterelles. La Torah révèle que les officiers de Pharaon lui dirent : « Laisse partir les hommes pour servir leur D.ieu ». Moché et Aharon furent ramenés devant le Pharaon qui leur dit : « Partez servir votre D.ieu » (10 : 7-8). (Il changera d’avis). Et ce processus évolue de plaie en plaie.

Cela indique clairement que chaque plaie devait être séparée de celle qui la précédait d’un certain laps de temps pour permettre aux Égyptiens d’observer ce qui se passait et en arriver aux conclusions qui s’imposaient. Et Rachi n’estime pas nécessaire de commenter ce processus qui semble évident.

Par contre, ce que Rachi commente est quelque chose d’entièrement différent : le lien entre les nombreuses plaies et la nécessité de rendre le Pharaon obstiné. Quelle en est la raison ?

Pour que le Peuple juif écoute et apprenne à craindre D.ieu. Nous devons considérer que dans la perspective de Rachi, en dehors de tous les résultats espérés par rapport aux Égyptiens dans la série des plaies, vient s’ajouter un autre but Divin : celui d’éduquer le Peuple juif en le rendant témoin des différents niveaux des fléaux qui s’abattirent sur l’Égypte.

Une leçon très puissante nous est ici enseignée. Ceux qui s’impliquent dans l’enseignement et la dissémination de la Torah, du Judaïsme et des sources de la ‘Hassidout, rencontrent souvent des Juifs qui ne semblent pas du tout touchés par leur influence, leurs paroles ou leurs enseignements. Ils semblent complètement imperméables.

Persévérez et ne vous découragez pas. Une lecture claire de ces versets nous dit que même un pharaon, qui refusait d’entendre l’appel de D.ieu pour libérer le Peuple juif, changeait quand même après chaque plaie. Si tel était le cas avec le pharaon, roi de l’Égypte, combien chaque action apportera le succès aujourd’hui. Quand vos efforts sont suscités par le chef de la génération, vous n’agissez pas avec votre propre force mais celle du Nassi (chef de la génération), par l’intermédiaire de son émissaire et vos efforts aboutiront. Vous aurez du succès et le Judaïsme sera véritablement intégré dans son essence et « Il se révélera ».